08 avril 2009
Vieux jeu
Je fais partie de ces gens qui déplore la disparition de nos bonnes vieilles plaques d'immatriculation, telles que nous les connaissons tous et toutes. Non pas que je sois hostile au changement ou à l'harmonisation européenne mais simplement parce que je ne pourrai plus jouer et étaler mes connaissances lors de nos futurs déplacements.
J'ai toujours aimé me creuser les méninges pour trouver le département correspondant au numéro de la voiture qui nous précédait, sa préfecture, voire ses sous-préfectures (mais là, j'avoue, c'était beaucoup plus rare).
Désormais, seule une référence (facultative) à une région administrative pourra être autorisée. Et encore. Cette référence géographique ne pourra être que purement affective et n'avoir aucun lien avec son lieu de résidence habituelle. (Franchement, quel intérêt ?? Autant mettre un autocollant sur la vitre arrière, ça produit le même effet)
Au jour d'aujourd'hui, on ne fait plus apprendre aux enfants les départements et leur préfecture, et je trouve cela fort dommage (alors que presque tous les américains connaissent le nom des 50 états composant leur pays, tout comme ils connaissent et récitent chaque matin leur hymne national, mais ceci est un autre débat)
Compte tenu du taux de renouvellement des voitures (surtout en ce moment, en temps de crise), je pense que je pourrai m'adonner encore quelques années à ce petit jeu emprunt de nostalgie. Mais après ? Comment ferons-nous pour jouer avec les départements ? Faudra-t-il se résoudre à utiliser l'almanach des PTT (s'il existe encore) ?
16 février 2009
Si vous avez manqué le début
Quand j'étais petit (disons une dizaine d'années pour simplifier), les films diffusés sur les 3 chaines que comptait le poste de télévision débutaient tous vers 20h30/20h35 grand max'.
Et, à cette époque-là, j'avais la permission de ne me coucher que vers 21h00.
Ainsi, pendant plusieurs années, je n'ai vu que la première demi-heure des films qui passaient à la télé (et qui n'étaient pas expressément déconseillés aux enfants).
Bien des années plus tard, lorsque ces films repassaient et que j'en voyais les premières minutes, j'étais persuadé de les avoir déjà vus. Mais, en poursuivant le visionnage, je m'apercevais bien vite que si le début m'était familier, la fin m'était bien souvent inconnue.
C'est ainsi que ma soif de cinéma est née : la volonté de connaitre la fin de tous ces films dont l'intrigue ne faisait que commencer.
03 novembre 2008
Cimetière et Chrysanthèmes
Je n'ai jamais été un adepte des cimetières.
Je n'ai pas besoin de me recueillir une fois dans l'année, qui plus est à La Toussaint, pour penser à ces êtres chers aujourd'hui disparus.
Pour preuve, voilà 18 ans que mon père est décédé. Et voilà 18 ans que je ne suis jamais revenu sur sa tombe.
Je préfère penser à lui tous les jours, sans pour autant devoir me prosterner devant un caveau vide de sens.
Pourtant, cette année, j'ai fait une entorse à la règle, en me rendant sur la tombe de mes grands parents.
Certes, c'était pour accompagner ma sœur.
Mais je dois avouer que je ne suis pas resté insensible, d'autant que cette journée nous a permis de nous remémorer tant et tant d'excellents souvenirs qui, malgré nos efforts, finissent peu à peu par s'estomper.
Rien que de revoir leur ancienne maison a déclenché en moi un torrent d'images, plus joyeuses les unes que les autres.
Une sorte de madeleine, en fait.
J'irai, peut-être, un jour sur la tombe de mon père.
Certainement pas exprès.
Pourquoi pas, au gré d'un déplacement à proximité.
Mais je ne vois pas quel souvenir cela pourrait faire remonter à la surface, tant j'ai l'impression d'en avoir effacé aucun.
03 septembre 2008
Une nounou formidable
Je vais vous parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...
Au cours d'une discussion récente avec Mamour, nous avons évoqué, avec une pointe de nostalgie, nos goûter d'enfants, ce qui m'a fait replonger quelques lustres en arrière. Rembobinons ensemble la vidéo de ma vie jusqu'aux années 1980.
A cette époque-là, malgré mon âge avancé, j'avais une nounou qui me gardait les mercredis et le soir après l'école.
Après plusieurs essais, plus ou moins infructueux, ce fut celle-ci qui me garda le plus longtemps (de mes 5/6 ans jusqu'à mes 10 ans)
Elle était vraiment formidable, tant avec moi qu'avec les autres enfants qu'elle gardait.
C'est elle qui me faisait faire mes devoirs, qui m'occupait avec des jeux ou qui nous proposait des sorties.
Je l'aimais tellement qu'il m'est même arrivé d'y dormir un mardi soir ou d'y passer un week-end. C'était un peu ma deuxième famille.
Le goûter était un rituel et ne changeait quasiment pas d'un jour sur l'autre : pain beurré saupoudré de chocolat en poudre ou nappé de confiture maison et un verre d'Antésite.
Encore aujourd'hui, je nous revois enfants, tous collés à la table, attendant patiemment nos tartines et notre boisson.
Mais l'Antésite n'était accordée qu'aux plus méritants. C'était une sorte de récompense pour avoir été sage pendant la journée ou avoir bien travaillé à l'école. La dizaine de gouttes promise était des plus réconfortantes. On se sentait grandi lorsqu'elles tombaient dans notre verre et on se faisait tout petit lorsque, parfois, on n'y avait pas droit.
Depuis cette période, je n'ai jamais rebu d'Antésite et je pense que je ne le ferai jamais car je ne veux pas effacer les souvenirs qui y sont attachés.
Dans cet appartement, où les plus grands cotoyaient les plus petits, il n'y avait jamais de cris, de colères, de gestes déplacées.
Les punitions étaient toujours possibles mais on s'y sentait tellement bien qu'elles se faisaient très rares.
Il y avait un vrai respect vis à vis des adultes et des autres enfants.
J'ai beaucoup appris à son contact, au contact de cette famille qui vivait par et pour les enfants.
Quitter ma nounou, celle qui avait partagé ma vie presque autant que mes parents, sinon plus certains jours, fut un véritable déchirement.
Certes, j'étais un grand garçon.
Certes, nous déménagions dans une autre ville.
Mais on abandonne pas comme ça toute une partie de son enfance.
Si bien qu'encore, aujourd'hui, il m'arrive de prendre de ses nouvelles, de lui rendre une petite visite quand mon emploi du temps me le permet. C'est un super voyage dans le temps, vers une période magique et pleine d'excellents souvenirs.
09 juillet 2008
La mémoire dans la peau
Notre conscience est capable de stocker des milliards d'informations, plus ou moins essentielles.
Et pour ne pas saturer, elle fait le tri et efface tous les souvenirs inutiles qui, même au prix d'efforts intenses, ne reviennent jamais à la surface.
Mis à part mes fréquents oublis passagers, du genre "j'ai oublié mes papiers" ou "je devais faire quelque chose de précis mais je ne sais plus ce que c'est", je pense avoir une bonne mémoire, du moins dans la moyenne.
Mais s'il y a bien une chose que j'ai totalement occultée, c'est ma scolarité.
Je veux dire par là que je me souviens des établissements scolaires que j'ai fréquentés mais j'ai totalement effacé les noms des instituteurs et professeurs qui ont jalonné mon cursus, de même que les noms des élèves qui m'ont accompagné.
Au sujet des professeurs, même avec une photo de classe sous le nez, je ne saurai dire le nom.
Il existe bien évidemment des exceptions : Monsieur ROY, mon instit de CM1 (le seul homme que j'ai eu en primaire), Monsieur Olivier, mon prof de math et de sciences-nat. au collège qui avait un style bien à lui (et un petit fils qui s'appelait Thomas), mon prof. d'histoire-géo au lycée qui en pinçait grave pour la révolution française (Nous étions alors en 1989, bicentenaire oblige) et un ou deux profs de Fac qui se démarquaient franchement des autres par leur humour décalé ou leur passion pour l'enseignement. Ceux-là mis à part, les autres ont totalement disparus de ma mémoire. Sans doute trop transparents, sans doute pas assez intéressants.
Même constat pour les élèves. Je n'ai gardé aucun contact avec un quelconque camarade de classe.
Comme pour les profs, même avec la photo de classe, impossible de réciter leur nom. Certes, leur visage ne m'est pas inconnu mais ça s'arrête là. Il y a, là aussi, quelques exceptions mais elles sont très limitées et, en tout cas, en voie d'oubli tant l'intérêt de les revoir s'estompent avec le temps.
A croire que je ne garde en mémoire que les mauvais moments de ma scolarité, ceux qui m'ont fait douter, pleurer, enrager.
De trop nombreuses fois, j'ai été pris pour cible par des individus complètement idiots, dont la bêtise n'avait d'égale que la cruauté dont ils pouvaient faire preuve.
A mon grand regret, ceux-là, je ne les oublierai jamais.
Peut-être est-ce mieux ainsi, sans doute pour pouvoir tirer les leçons du passé.
11 juin 2008
Pouvoir d'achat
Hier, grand bon dans le passé de près de vingt cinq années en ouvrant la boîte aux lettres.
C'était pas l'odeur de la madeleine qui a provoqué ça mais la vision de ce journal.
Je m'explique : Nous avons décidé d'abonner C2003 au Journal de Mickey.
Et en le voyant dans la boîte, je me suis revu à l'âge de 10 ans.
A cette époque, mon père me donnait 10 francs par semaine d'argent de poche qui me servait essentiellement à acheter mon magazine. Le reste de la monnaie était précieusement conservé pour offrir des petits cadeaux.
10 francs. Aujourd'hui, ça peut paraître ridicule. 1,52 €. A peine une baguette de pain ou 1 litre d'essence (sans plomb ou diesel, au choix)
Mais, à mon époque, c'était une somme loin d'être négligeable.
J'attendais avec impatience le jour de l'argent de poche, tant pour le plaisir d'aller courir jusqu'à la librairie que pour celui de recevoir cette petite pièce, aujourd'hui disparue.
Un peu plus tard, j'ai réussi à augmenter mon pouvoir d'achat en troquant ma pièce de 10 francs hebdomadaire contre un billet de 50 francs mensuel. Ce n'était plus la même musique. Il me fallait apprendre à gérer mes sous, à faire en sorte que je puisse tenir tout le mois. A ma connaissance, je n'ai jamais eu de fin de mois difficile.
25 ans plus tard, allez donc proposer 7,62 € par mois à un ado de 12/13 ans. Il vous renverra balader, son mp3 à fond dans les oreilles, la main occupée à taper un texto sur le dernier Nokia, la PS3 en veille et MSN connecté.
J'ai une petite nostalgie de mon adolescence quand je vois les jeunes de maintenant.
Sont-ils plus heureux aujourd'hui qu'à mon époque ? Plus épanouis ? Plus responsables ?
On ne peut pas comparer ces deux époques, ces deux générations.
Les choses ont trop changé, les mentalités ont trop évolué.
Le pouvoir d'achat est désormais au cœur de toutes les discussions, de toutes les préoccupations.
Sans argent, tu ne vis pas. Sans argent, tu n'existes pas.
Mais, avant, on faisait comment ?
On n'avait pas toute cette technologie, toutes ces choses qui influent sur notre apparence, sur le regard des autres. Et pourtant, nous étions heureux.
Parfois, je me dis que si une machine à remonter le temps existait, il serait bon de proposer des voyages en charters à certaines personnes dont les considérations économiques me dépassent totalement.
30 avril 2008
Madeleine
On a tous nos madeleines de Proust, "nos premières gorgées de bière", qui nous ramènent inexorablement plusieurs années, voire décennies, en arrière.
Dernièrement, Mamour a acheté du Papier d'Arménie chez Natures et Découvertes.
Aussitôt, je me suis retrouvé chez mes grands-parents, âgé d'à peine 8/10 ans. Je revoyais ma grand-mère parcourir la maison, une coupelle à la main, d'où s'échappait la fumée si parfumée de ce papier en train de se consummer.
C'était un rituel. Deux à trois fois par semaine, elle désodorisait la maison, faisait fuir les mauvaises odeurs.
Ce sont ces images-là qui ne doivent jamais s'effacer de nos mémoires.
23 juin 2006
... et de 100 !!
Ca y est. 100è message. Une première étape est franchie, signe de la bonne santé de mon blog qui se renouvelle très régulièrement aussi souvent que je le peux.
Alors à quoi consacrer ce 100è post qui n'a pas pu attendre mon anniversaire (Il s'en est fallu de quelques jours mais je n'en pouvais plus d'attendre) ?
Ben, à moi, bien entendu.
J'en ai déjà fait état dans ces colonnes il y a quelque temps mais diable que le temps passe vite. Surtout en 1 an. Surtout ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours.
J'ai l'impression que tout s'accélère, que mon avenir commence à prendre forme dans mon esprit.
Certes, ce n'est qu'une ébauche mais elle me satisfait.
Il y a 1 an, je fêtais mon anniversaire quasiment seul, dans la plus grande discrétion.
Je n'avais envie de rien et les gens qui m'entouraient se révèleraient, plus tard, n'être pas ceux qui me correspondaient.
Aujourd'hui, tout est différent. Je ne suis plus seul. Je me sens entouré, soutenu, aimé.
Aujourd'hui, je me sens bien (à quelques exceptions près...)
Aujourd'hui, j'ai envie d'aller de l'avant, de voir ce que l'avenir me réserve. Avec une doléance néanmoins : que les emmerdes cessent pour ne subsister que le bonheur. Mais là, c'est loin d'être gagné.
Avant tout le monde (parce que, pour une fois, je serai le premier), je me souhaite un joyeux anniversaire et une vie comblée faite de petits et grands bonheurs.
Dieu, que je m'aime !
22 mai 2006
Moma 1er
De par mon prénom (et accessoirement mon nom de famille), j'ai eu droit à toute sorte de surnoms, des plus drôles aux plus farfelus.
En vrac : Toto, Tom, Tomtom, Tomato Ketchup, Tomy, Tomitchou...
Depuis peu, je me vois affublé d'un nouveau patronyme qui n'est pas pour me déplaire car il change de tout ce que j'ai pu entendre jusqu'à présent.
Désormais, je suis connu sous le nom de "Moma".
Je dois cette nouvelle dénomination à Galaad qui, pourtant, n'a pas l'air fâché avec la lettre "T".
Mais qu'à cela ne tienne. Moma, ça me plaît bien. Ca sonne plutôt bien.
Ma seule crainte c'est que ce titre soit voué à l'oubli au fur et à mesure que son découvreur grandira.
Il ne me restera plus que les souvenirs, les mots prononcés à 2 ans et des poussières (fevaux, pépées, papot, zaune, ...)
12 mai 2006
C'est bien d'être vieux
A la faveur d'une discussion très philosophique sur la maturité de plus en plus précoce des enfants d'aujourd'hui (et plus particulièrement des filles), je me suis remémoré ma douloureuse période de l'adolescence.
C'est le genre de trucs qu'on aime bien ranger au fin fond d'une boîte, elle-même rangée tout en haut de l'armoire, sous une épaisse couche de poussière.
En ce qui me concerne, ce ne sont pas de très bons souvenirs.
Remarquez, je me demande s'il y a des gens parmi nous qui ont véritablement apprécié cette merveilleuse épouvantable époque.
Personne ??? C'est bien ce qui me semblait.
Bref, entre les poils qui poussent, les boutons d'acnée qui bourgeonnent, les hormones qui font des leurs, les cheveux gras, l'air bête, la voix qui mue, les copains qui se moquent (alors que c'est la même chose eux), que retirer de positif de tout cela ?
A mon avis, pas grand chose.
Je n'ai rien gardé de cette période, si ce n'est des mauvais souvenirs.
Que je n'aimerai pas avoir à revivre tout cela.
Certes, on est jeune. Certes, on est insouciant. Certes, on a la vie devant nous.
Malgré cela, je préfère ma trentaine amorcée à mes années collèges.
Il fallait en passer par là. C'est fait, n'en parlons plus.

